Konbit Pou Chanjman : 13 projets communautaires financés par la Fondation Digicel pour la 10e édition

Dans un pays où les besoins sociaux continuent de dépasser largement les capacités de réponse des pouvoirs publics, les initiatives portées par le secteur privé et les organisations communautaires occupent une place croissante dans la prise en charge de certaines urgences locales. C’est dans ce contexte que la Fondation Digicel a annoncé les lauréats de la 10e édition de sa campagne Konbit Pou Chanjman, consacrée au financement de projets communautaires en Haïti.

Au total, 13 projets ont été retenus. Douze organisations bénéficieront chacune d’un financement de 12 000 dollars américains, tandis qu’un projet sélectionné dans le cadre de la campagne spéciale recevra une enveloppe de 10 millions de gourdes.

Pour cette édition, la campagne régulière a enregistré 461 candidatures. Après l’évaluation des dossiers, 45 projets ont fait l’objet de visites de terrain, 20 organisations ont été retenues comme finalistes et 12 ont finalement obtenu un financement. Parallèlement, la campagne spéciale a recueilli 87 candidatures, donné lieu à 10 visites et permis de sélectionner cinq finalistes avant la désignation du projet bénéficiaire.

Les initiatives retenues sont réparties dans plusieurs départements et concernent notamment l’agriculture, l’éducation, l’environnement et le développement social. Dans le Sud-Est, Haïti Progrès Économique figure parmi les organisations bénéficiaires d’une enveloppe de 12 000 dollars. Dans l’Ouest, le Centre Haïtien du Leadership et de l’Excellence obtient, pour sa part, le financement spécial de 10 millions de gourdes.

Lancée en 2017, Konbit Pou Chanjman a soutenu 164 projets au cours de ses neuf premières éditions. Selon les données communiquées, ces interventions ont touché plus de 120 000 personnes à travers le pays, pour un investissement cumulé supérieur à 1,7 million de dollars américains.

Au-delà des financements accordés, cette dixième édition intervient dans un environnement marqué par l’accumulation des difficultés économiques et sociales et par la faiblesse des capacités institutionnelles de l’État à répondre à l’ensemble des besoins des populations. Dans plusieurs communautés, les attentes en matière d’éducation, d’emploi, d’agriculture, d’environnement ou encore d’infrastructures de proximité restent considérables.

Dans ce contexte, les interventions du secteur privé, des fondations et des organisations communautaires prennent une importance particulière. Elles ne sauraient se substituer aux responsabilités de l’État en matière de politiques publiques, mais peuvent contribuer à combler ponctuellement certains déficits, à soutenir des initiatives locales et à maintenir des mécanismes de solidarité dans des territoires où les réponses institutionnelles demeurent insuffisantes.

Par Shélo Delpêche

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