Dans un contexte de fortes contraintes financières et institutionnelles, le budget 2026-2027 s’annonce comme un exercice d’équilibre particulièrement délicat pour le gouvernement haïtien, confronté à trois urgences majeures : la sécurité, les élections et la relance économique.
La sécurité reste la priorité affichée, mais elle se heurte à des limites structurelles bien connues. L’Exécutif entend renforcer les moyens de la PNH et des FAd’H, notamment en matière d’équipements et de capacités opérationnelles, tout en améliorant la sécurisation des principaux axes routiers et la lutte contre la criminalité organisée. Cependant, ces ambitions dépendent étroitement des ressources réellement disponibles, ainsi que de la capacité de l’État à les mobiliser et à les utiliser efficacement.
Le processus électoral constitue le deuxième grand chantier, mais il soulève lui aussi des questions importantes quant à sa soutenabilité financière. Une enveloppe de 120 millions de dollars est annoncée pour financer les élections et accompagner le rétablissement des institutions démocratiques. Le Basket Fund, actuellement doté d’environ 48 millions de dollars, devrait atteindre près de 90 millions d’ici la fin de l’exercice 2025-2026, ce qui laisse entrevoir un écart potentiel entre les besoins identifiés et les financements effectivement disponibles.
Sur le plan économique, les perspectives restent très faibles et traduisent une économie en quasi-stagnation. Le gouvernement mise sur une croissance limitée à 0,2 % pour 2026-2027. Le PIB, estimé à 658,3 milliards de gourdes avant les crises, serait désormais évalué à 544,1 milliards, ce qui illustre clairement l’ampleur de la contraction économique.
Au-delà des annonces, le véritable défi demeure celui de l’exécution dans un environnement marqué par la rareté des ressources, la fragilité des institutions et les contraintes sécuritaires persistantes. La capacité du gouvernement à traduire ses priorités budgétaires en résultats concrets reste incertaine, qu’il s’agisse de l’amélioration de la sécurité, de l’organisation d’élections crédibles ou d’un début de reprise économique.
Dans ces conditions, le budget 2026-2027 apparaît moins comme un budget de relance que comme un budget de gestion de crise, fortement contraint par des limites financières, sécuritaires et institutionnelles qui continuent de peser lourdement.
