Haïti : malgré l’insécurité, la machine électorale est lancée

En Haïti, le paradoxe est saisissant. Alors que l’insécurité continue de broyer le quotidien de milliers de familles et que l’État peine à reprendre le contrôle de plusieurs territoires, les autorités accélèrent le calendrier électoral, comme si le pays avait déjà retrouvé un semblant de normalité.

La présence de la Force de suppression des gangs (GSF) n’a pas encore changé la donne. Les groupes armés continuent de dicter leur loi dans plusieurs zones, tandis que le gouvernement peine à apporter une réponse durable à la crise. C’est pourtant dans ce contexte que le Conseil électoral provisoire (CEP) avance : 18 regroupements réunissant 236 des 316 partis politiques ont déjà été enregistrés en vue des prochaines élections.

Le calendrier, lui, avance à toute vitesse. La réalité du pays, beaucoup moins. Comment parler d’élections crédibles lorsque l’État peine encore à garantir la sécurité, la libre circulation et les conditions minimales permettant aux citoyens de participer au processus ?

Et pendant ce temps, une partie de la classe politique accepte de monter à bord d’un train dont personne ne semble vraiment maîtriser la destination. Ils jouent leur rôle dans un scénario dont ils ne contrôlent ni l’écriture ni la fin.

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