Élections en Haïti : le secrétaire général du RASPAM appelle l’OEA et la CARICOM à garantir la participation de l’Ouest

À l’approche des élections annoncées pour décembre, une question se pose déjà : comment permettre à tous les citoyens de participer au scrutin alors que l’insécurité continue de bouleverser la vie de milliers de familles ? Sanders Goin, linguiste et secrétaire général du RASPAM, attire l’attention de l’OEA et de la CARICOM sur le risque d’exclusion d’une partie de la population du département de l’Ouest.

Dans une lettre adressée aux secrétaires généraux des deux organisations, Albert Ramdin et Carla Barnett, il cite notamment Carrefour, Gressier et Léogâne. Dans ces communes fortement touchées par l’insécurité, de nombreux habitants ont été contraints de quitter leur domicile et de s’installer ailleurs. Pour eux, le simple fait de se rendre dans un bureau de vote pourrait devenir un obstacle supplémentaire.

Cette réalité, estime Sanders Goin, doit être prise en compte dans la préparation des prochaines élections. Le soutien financier et diplomatique de la communauté internationale au processus électoral devrait, selon lui, s’accompagner de mesures concrètes pour garantir la sécurité, l’accès aux centres de vote et la participation des personnes déplacées.

Dans le département de l’Ouest, la crise sécuritaire a profondément changé le quotidien. Des familles ont perdu leur maison, des quartiers entiers ont été vidés de leurs habitants et l’accès à plusieurs services essentiels reste difficile. Dans un tel contexte, organiser des élections crédibles ne revient donc pas uniquement à ouvrir des bureaux de vote : encore faut-il que les citoyens puissent y accéder en toute sécurité.

Pour le secrétaire général du RASPAM, il ne s’agit pas de s’opposer aux élections, mais de faire en sorte que celles-ci restent véritablement inclusives. « Une démocratie ne peut se construire sur l’exclusion involontaire d’une partie de son électorat », souligne-t-il.

Il appelle ainsi l’OEA, la CARICOM et les autorités haïtiennes à anticiper les difficultés et à envisager des solutions permettant aux citoyens déplacés et à ceux qui vivent dans les zones affectées par l’insécurité de participer au scrutin.

Carrefour, Gressier et Léogâne, insiste Sanders Goin, ne doivent pas être oubliés au moment où le pays s’apprête à renouer avec les urnes.

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