Les consultations entre les différents acteurs autour d’une éventuelle révision de la Constitution haïtienne ont commencé. Les grandes lignes des changements envisagés se dessinent progressivement. Pourtant, ce chantier institutionnel peine à susciter un véritable intérêt au sein d’une société dont les préoccupations restent largement dominées par l’insécurité et la violence des gangs armés.
Selon un document consulté par notre rédaction, les propositions prévoient notamment de porter tous les mandats électifs à cinq ans et de remplacer les cartels municipaux par un maire unique.
Sur le plan exécutif, le président élu nommerait directement son Premier ministre, qui entrerait immédiatement en fonction et formerait son gouvernement. Celui-ci disposerait de 60 jours pour obtenir la confiance du Parlement. La séance se tiendrait en Assemblée nationale, avec un vote séparé dans chacune des deux chambres. Une fois ratifié, le Premier ministre ne pourrait être interpellé qu’après une année d’exercice.
La question de la décharge demeure également en discussion. Deux options sont envisagées : maintenir cette prérogative au Parlement, avec un délai pour se prononcer, ou la confier à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif.
Selon le calendrier du Conseil électoral provisoire (CEP), le 18 juillet est retenu pour la ratification populaire. Les citoyens seront alors appelés à se prononcer sur les modifications proposées.
Mais au-delà des enjeux institutionnels, un décalage interpelle. Alors que les acteurs politiques s’activent autour de l’avenir constitutionnel du pays, une grande partie de la population semble avoir d’autres urgences. Confrontés quotidiennement à la terreur des gangs, aux enlèvements, aux déplacements forcés et à la précarité, les Haïtiens ont difficilement la tête à ce débat.
Pour des milliers de familles, la priorité reste avant tout de survivre, de protéger leurs proches et de retrouver un minimum de sécurité. Dans un pays où l’urgence est de sauver des vies, la réforme des institutions peine naturellement à s’imposer comme une préoccupation populaire.
