Dossier Jovenel Moïse : « Pendant plus de trente ans, je t’ai prêté mon mari », le cri du cœur de l’épouse de Jean-Monard Métellus

À la veille de la comparution annoncée du journaliste devant le juge instructeur, à titre de témoin , dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, son épouse, Mirline Dorvilier Métellus, brise le silence et raconte les sacrifices d’une famille qui a longtemps partagé un mari et un père avec Haïti.

Derrière le nom de Jean-Monard Métellus, cité dans cette procédure judiciaire, il y a aussi une histoire familiale. Une épouse, des enfants et plus de trente années marquées par les absences d’un homme qui, selon sa femme, a consacré une grande partie de sa vie à son pays.

Dans une lettre ouverte adressée à Haïti, Mirline Dorvilier Métellus revient sur ces années où son mari se trouvait souvent loin de sa famille établie à Montréal. Elle évoque les anniversaires manqués, les matchs de leurs enfants auxquels il n’a pas pu assister, les cérémonies scolaires vécues sans lui et les nombreuses responsabilités familiales qu’elle a dû assumer seule.

« Pendant plus de trente ans, je t’ai prêté mon mari », écrit-elle à Haïti, dans une phrase qui résume à elle seule le prix de cet engagement.

Elle dit pourtant avoir accepté ces sacrifices parce qu’elle savait que son mari croyait profondément en son pays et en la possibilité de contribuer à bâtir une Haïti meilleure.

Aujourd’hui, alors qu’il doit répondre aux questions du juge instructeur, elle dit vivre douloureusement les accusations portées contre lui, qu’elle considère comme injustes.

« Je ne demande ni privilège ni faveur. Je demande simplement que l’on regarde cet homme intègre avec justice, avec honnêteté et avec la mémoire de tout ce qu’il a donné », écrit-elle.

À travers cette lettre, Mirline Dorvilier Métellus rappelle aussi le prix souvent invisible payé par les familles de ceux qui choisissent de s’engager pour Haïti : les absences, les inquiétudes et les sacrifices consentis loin des projecteurs.

Son message prend finalement la forme d’un appel à la mémoire collective :
« Haïti chérie, réveille-toi et souviens-toi… N’oublie pas ceux qui ont cru en toi ! »

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