Trois jours après les attaques meurtrières qui ont frappé plusieurs localités de Kenscoff, la colère et l’inquiétude ont gagné les rues de la commune. Jeudi 27 août 2026, des habitants ont organisé une marche pacifique pour dénoncer l’insécurité et réclamer une réponse urgente des autorités face à la recrudescence des violences.
Pancartes et microphones en main, les manifestants ont dénoncé les pertes en vies humaines, les violences et les déplacements forcés qui bouleversent la vie de nombreuses familles. Ils demandent aux autorités de renforcer la présence sécuritaire dans les zones touchées, de poursuivre les auteurs des attaques et de garantir les conditions nécessaires au retour des populations déplacées.
Les violences enregistrées les 23 et 24 août ont lourdement endeuillé la commune. Selon les informations rapportées, plus de 40 personnes ont été tuées. Les Nations unies font état de 47 morts et de 22 blessés, tandis que plus de 50 personnes auraient été enlevées. Ces attaques sont attribuées à des membres de la coalition criminelle « Viv Ansanm ».
Au-delà du bilan humain, les conséquences sur les populations sont considérables. D’après les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), publiées le 26 août, les violences ont entraîné le déplacement de 2 647 personnes, soit 702 ménages. Parmi elles, 77 % ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil à Pétion-Ville, tandis que les autres ont rejoint trois sites de déplacement.
Les localités de Centre-Ville, Vilier, Tête de l’Eau et Morne Jean Jacques, dans la troisième section communale de Sourcailles, comptent parmi les zones les plus durement touchées. Pour certaines familles, le traumatisme est d’autant plus lourd qu’elles avaient déjà été contraintes de quitter leur domicile lors de précédentes attaques. Elles se retrouvent aujourd’hui à nouveau sur les routes, sans véritable perspective de retour.
Alors que la population réclame protection et justice, la situation de Kenscoff doit être examinée ce vendredi 28 août par le Conseil de sécurité des Nations unies à New York. Sur le terrain, l’attente reste la même : que les déclarations se transforment en actions concrètes et que la sécurité soit enfin rétablie dans une commune où des familles entières continuent de payer le prix de la violence.
