De l’ombre à la tribune de l’ONU: les Forces Armées d’Haïti gagnent en visibilité

Ce jeudi 23 avril 2026, à New York, le Premier ministre haïtien s’est adressé au Conseil de sécurité des Nations Unies dans un contexte d’urgence sécuritaire bien connu. Mais au-delà des appels, souvent entendus, à l’aide internationale, un détail a retenu l’attention : pour la première fois depuis leur remobilisation, les Forces armées d’Haïti (FAd’H) ont occupé une place claire et assumée dans un discours de cette envergure. Une reconnaissance qui ressemble à une véritable promotion.

Pendant longtemps, les FAd’H ont avancé à pas prudents, presqu’en retrait. Leur retour dans le paysage institutionnel s’est fait sans véritable récit pour les porter, entre doutes de la population, manque de moyens et interrogations sur leur utilité réelle face à une insécurité grandissante. Cette fois, le ton change. En les évoquant devant l’instance la plus influente du système onusien, le chef du gouvernement envoie un message simple : l’armée n’est plus un acteur secondaire.

Au fil de son intervention, le Premier ministre a rappelé une réalité que les Haïtiens vivent au quotidien : sans sécurité, rien ne tient. Ni les institutions, ni l’économie, ni l’espoir d’élections crédibles. Mais ce qui évolue, c’est la manière de penser la réponse. Désormais, les forces nationales, notamment les FAd’H, sont présentées comme des pièces essentielles du dispositif. Quand il parle des « premiers résultats obtenus », c’est aussi une façon de préparer les esprits à voir l’armée jouer un rôle plus visible.

Cela ne veut pas dire que le pays peut se passer de l’aide extérieure. Au contraire, l’appel à un soutien « rapide, concret et renforcé » reste au cœur du discours. Mais il y a une nuance importante : il ne s’agit plus seulement de compter sur l’international pour faire à la place de l’État, mais de s’appuyer sur lui pour reconstruire des capacités nationales. Dans cette logique, l’armée retrouve peu à peu une place, encore fragile, mais de plus en plus assumée.

Sur le terrain, cette évolution pourrait faire bouger les lignes. L’image des FAd’H reste marquée par le passé, et la méfiance ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Pourtant, face à une insécurité qui s’installe dans le quotidien des citoyens, beaucoup commencent à regarder autrement cette institution. Non plus seulement à travers ses dérives d’hier, mais aussi comme une possible réponse à la crise d’aujourd’hui.

En évoquant les Forces armées d’Haïti depuis une tribune internationale aussi exposée, le Premier ministre ne se contente pas de les mentionner : il les inscrit pleinement dans le récit national en construction. Une façon claire d’affirmer qu’elles comptent désormais dans l’équation.

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