Le mouvement de protestation déclenché mardi au sein de l’Administration générale des Douanes (AGD) continue de s’intensifier, révélant une crise de plus en plus profonde. Exaspérés par la gestion du directeur général, Gérald Remplais, des employés ont franchi un cap décisif ce mercredi en bloquant l’accès aux locaux, empêchant ainsi le responsable d’exercer ses fonctions.
En substance, les employés réclament le paiement de huit mois de salaires impayés, la régularisation de leurs collègues contractuels ainsi que l’instauration de conditions de gestion qu’ils jugent enfin sérieuses et transparentes. Mais au-delà de ces exigences, c’est un profond sentiment de lassitude et de défiance qui s’exprime. De nombreux employés dénoncent un climat de corruption qu’ils estiment enraciné au sein de l’institution.
« On ne peut plus continuer comme ça », confient certains protestataires, évoquant une administration où les règles sont régulièrement contournées et où les décisions semblent guidées par des intérêts opaques. Dans ce contexte, l’affaire de la cargaison de riz avarié appartenant à la société Riz Chef est citée comme emblématique des dérives dénoncées.
Entreposée au hangar B1 de la SHODECOSA, cette marchandise, en état avancé de décomposition et dégageant une odeur insoutenable, avait pourtant été déclarée impropre à la consommation et destinée à la destruction par la Direction de la quarantaine. Malgré cet avis formel, son embarquement a été autorisé, avant qu’elle ne soit discrètement transférée vers un dépôt.
Pour les employés, cet épisode dépasse le simple dysfonctionnement : il illustre un système où des produits impropres peuvent encore circuler, au mépris des normes et de la santé publique. Beaucoup y voient la confirmation que les pratiques de corruption qu’ils dénoncent sont bien réelles et profondément ancrées.
Face à cette situation, les protestataires en appellent directement au chef du gouvernement. À leurs yeux, un changement rapide à la tête de l’AGD s’impose pour éviter que la crise ne s’enlise davantage et ne compromette durablement le fonctionnement de l’institution.
