C’était l’événement le plus attendu de ce milieu de l’année : le clip vidéo « Bèl Epòk » a enfin été dévoilé ce midi, en ce samedi 15 août 2026. Cette sortie visuelle de quatre minutes quarante sept secondes marque une nouvelle étape cruciale pour le projet, deux mois après la sortie officielle du single le 7 juin dernier lors de l’émission Pilwenkezye de l’animateur Junior Rigolo. Si les ondes vibraient déjà au rythme du morceau, les images viennent aujourd’hui donner une tout autre dimension à cette réunion historique.
« Bèl Epòk » réunit quatre belles voix du Rap & Ragga haïtien pour une collaboration historique. Les légendes : Top Adlerman (figure de proue d’Original Rap Staff), Black LG (emblème de King of Kings), Haitian Buju (la voix mythique de King Posse) et Black Gwayil (Metal Ice). Il faut également souligner la participation du célèbre comédien Tonton Bicha, qui introduit le single. Ces icônes signent leur retour en force sur ce morceau qui rappelle les moments nostalgiques du Rap Kreyòl des années 90-2000. Plus qu’un simple morceau, ce projet et son clip agissent comme une véritable machine à remonter le temps, célébrant un patrimoine culturel unique tout en pansant les blessures du passé.
Une réunion historique : La fin des anciennes rivalités
Ce titre collaboratif célèbre le patrimoine musical national à travers une performance unissant d’anciens rivaux. Pour comprendre l’impact de « Bèl Epòk », il faut se souvenir des décennies précédentes en Haïti, où ces groupes s’affrontaient dans de vives polémiques lors des carnavals. Voir aujourd’hui Top Adlerman partager le micro avec Haitian Buju et Black LG est un puissant symbole d’unité nationale. Le texte célèbre cette fraternité retrouvée, rappelant aux jeunes générations que la musique doit rassembler plutôt que diviser.
Un teaser de 26 secondes avait été publié il y a une semaine. À travers des images fortes, il montrait déjà l’unité et les souvenirs de l’époque où il faisait bon vivre en Haïti. Un visuel montre notamment les quatre légendes main dans la main, vêtues de blanc, symbole de paix et d’harmonie. Plus loin, le clip met en scène un groupe de jeunes jouant au football au bord de la plage et de petits bateaux à voile, renforçant la nostalgie des bons souvenirs du pays.
« Bèl Epòk se yon rapèl de tout sa nou te konn fè k ap kontinye pou nou fè moun yo viv moman ki te pi bèl lontan yo. Se yon pwojè se pa yon djazz moun kap patisipe yo lib pou fè afè pa yo. Men lè se Bèl Epòk kap programe se tout moun ki nan pwojè a ki pou la », a précisé Black LG, l’un des initiateurs du projet, lors d’une entrevue avec Capital Info.
Un projet bien accueilli par le public
Sur les réseaux sociaux (notamment YouTube et Facebook), la sortie du morceau et du clip a déclenché une immense vague d’émotion. En analysant les commentaires, les réactions des fans de Rap Kreyòl se résument ainsi :
La fierté d’une génération : « C pa betiz kap di la non, m pa regrèt m t grandi nan jenerasyon sa » (Ce ne sont pas des bêtises qui sont dites là, je ne regrette pas d’avoir grandi avec cette génération).
L’hommage aux pionniers : Les mentions « Men lejand yo ! » (Voici les légendes !) et « Respect aux anciens » inondent les commentaires, saluant des flows et des voix restés intacts.
Un message d’espoir : Beaucoup rappellent avec émotion que le titre évoque une période de l’histoire du pays où l’espoir régnait : « bèl epòk, bèl peyi, te gen espwa ».
Le mot qui revient dans la quasi-totalité des commentaires est « nostalgie ». Les fans partagent une immense mélancolie en repensant à la fin des années 90 et aux années 2000. Ils saluent unanimement le respect et la maturité de ces quatre légendes, soulignant que voir d’anciens rivaux s’unir envoie un message de paix indispensable.
« Bèl Epòk » n’est pas seulement un élan de nostalgie pour les plus de trente ans. C’est une archive vivante et un hommage vibrant à l’âge d’or de la musique urbaine haïtienne, s’imposant déjà comme un classique instantané. Plusieurs autres grands artistes de cette période sont d’ailleurs pressentis pour la sortie d’un deuxième single, orchestré par le promoteur culturel Nolly André, qui porte ce projet à cœur. Il ne reste plus qu’à attendre. Patience !
Par Marie Ludie Monfort Paul
