Pendant près de deux ans, ils ont occupé le devant de la scène politique haïtienne. Les membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) étaient omniprésents dans les réunions officielles, les conférences de presse, les cérémonies publiques et les débats politiques. Dans un pays plongé dans une crise profonde, ils exerçaient collectivement les fonctions présidentielles et concentraient l’essentiel de l’attention publique.
Depuis leur départ du pouvoir, le décor a radicalement changé. Leurs prises de parole se font plus rares, leurs apparitions plus discrètes et leur influence semble avoir considérablement diminué. Ceux qui étaient autrefois au cœur de l’actualité nationale semblent désormais s’être progressivement effacés de la scène publique.
Leur passage au pouvoir laisse pourtant un bilan largement contesté. Malgré les promesses de rétablir la sécurité et de remettre le pays sur les rails, Haïti n’est pas parvenue à sortir de la spirale de l’insécurité. Les groupes armés ont continué à étendre leur influence, tandis que les crises politique, économique et humanitaire se sont poursuivies, voire aggravées.
La transition, qui devait ouvrir la voie à la stabilité et au retour à l’ordre institutionnel, n’a pas produit les résultats espérés par une population confrontée à des urgences multiples. Pour une grande partie de l’opinion, l’écart entre les attentes suscitées et les résultats obtenus demeure considérable.
Depuis, les anciens conseillers-présidents ont suivi des trajectoires différentes. Certains restent actifs dans la vie politique, d’autres ont repris leurs activités professionnelles ou se tiennent désormais à distance de la scène publique. Quelques-uns partagent leur temps entre Haïti et l’étranger. Mais, pour la plupart, une chose est évidente : ils ont perdu la visibilité et l’influence dont ils bénéficiaient lorsqu’ils étaient au sommet de l’État.
Le contraste est saisissant. Hier, leurs décisions étaient scrutées, leurs déclarations commentées et leurs désaccords largement relayés. Aujourd’hui, leur silence semble presque aussi remarquable que leur omniprésence d’hier.
Cette disparition progressive du devant de la scène rappelle une réalité souvent brutale de la politique haïtienne : le pouvoir peut offrir une visibilité considérable, mais rarement durable. Dans un pays où les crises se succèdent à un rythme effréné, les figures qui occupent le sommet de l’État peuvent rapidement être rattrapées par de nouvelles urgences et reléguées à l’arrière-plan.
