Le silence s’est abattu ce vendredi 9 janvier 2026 sur la musique haïtienne. Dieudonné Larose s’en est allé, laissant derrière lui des mélodies orphelines et un peuple en recueillement. La nouvelle de sa disparition, confirmée par plusieurs médias, a traversé le monde culturel comme un souffle lourd, chargé de tristesse.
Né le 5 juin 1945, Dieudonné Larose avait franchi le cap de ses 80 ans en 2025. Originaire de Port-au-Prince, il se disait fils du Nord, comme on se réclame d’un vent ou d’une terre natale. Ses racines s’étendaient aussi vers Jacmel, l’Artibonite et Limbé, autant de paysages intimes qui ont façonné son âme d’artiste. De cette pluralité est née une musique profondément habitée, traversée par les voix, les douleurs et les espérances du pays.
Très tôt, la musique est devenue pour lui un chemin et un refuge. Des petites scènes de quartier aux grandes salles de la diaspora, Dieudonné Larose a bâti sa carrière avec patience et passion. Ses premiers pas professionnels se font avec Shoogar Combo, avant que Dixie Band, puis Missile 727, ne révèlent pleinement son talent. Des titres devenus cultes — « Accident », « Mandela », « Jolie Minou », « Guerre Mondiale » — font de lui un monument du konpa haïtien, dont la voix continue de résonner à travers le temps.
Dans ses chansons, Dieudonné Larose a tissé le konpa, des ballades aux accents espagnols et des rythmes afro-caribéens, comme on assemble des fragments de vie. Il chantait l’humain, ses luttes, ses espoirs et ses failles. Son œuvre, patiemment construite, demeure aujourd’hui un héritage précieux, gravé dans la mémoire collective de plusieurs générations.
