« 𝐑𝐢𝐞𝐧 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐦𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐲𝐬 » 𝐝𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐕𝐞𝐧𝐞𝐥 𝐂𝐚𝐬𝐬𝐞𝐮𝐬 : 𝐮𝐧 𝐨𝐮𝐯𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐜𝐚𝐫𝐭𝐞-𝐩𝐨𝐬𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐝’𝐇𝐚𝐢̈𝐭𝐢.

Avec « 𝑅𝑖𝑒𝑛 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑚𝑢𝑠𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑚𝑜𝑛 𝑝𝑎𝑦𝑠 », Jean Venel Casséus prolonge sous forme de livre l’univers de son album 𝙋𝒂 𝒈𝙚𝒏 𝒎𝙞𝒛𝙞𝒌 𝒑𝙖𝒔𝙚 𝙥𝒆𝙮𝒊 𝒎, publié à l’automne 2025 et chanté entièrement en créole haïtien. L’ouvrage rassemble les textes des chansons et leurs transcriptions pour piano, offrant aux musiciens, aux interprètes, aux lecteurs de partitions et aux amoureux de la chanson haïtienne une porte d’entrée plus intime dans cette création où la poésie et la musique avancent ensemble.

Ce livre n’est pas un simple prolongement de l’album. Il en propose une autre lecture. Là où l’enregistrement appartient d’abord à l’écoute, le livre invite à revenir sur la composition, à observer la structure des pièces, à suivre les lignes mélodiques, les appuis rythmiques, les nuances du phrasé et les mouvements intérieurs de chaque chanson. Le texte et la musique y dialoguent dans une même respiration. Les mots ne servent pas d’ornement à la mélodie ; la partition ne vient pas illustrer le poème. Les deux formes construisent une même œuvre.

À travers dix chansons consacrées aux chefs-lieux des départements d’Haïti, Jean Venel Casséus compose une véritable carte-postale sonore du pays. 𝐅𝐨̀ 𝐋𝐢𝐛𝐞̀𝐭𝐞 porte la tendresse, 𝐎𝐤𝐚𝐩 la racine, 𝐏𝐨̀𝐝𝐞𝐩𝐞̀ la passion, 𝐆𝐨𝐧𝐚𝐲𝐢𝐯 la gratitude, 𝐄𝐧𝐜𝐡 la douceur, 𝐏𝐨̀𝐭𝐨𝐩𝐫𝐞𝐧𝐬 la proximité, 𝐉𝐚𝐤𝐦𝐞̀𝐥 l’inspiration, 𝐌𝐢𝐫𝐚𝐠𝐰𝐚̀𝐧 la guérison, 𝐎𝐤𝐚𝐲 la beauté et 𝐉𝐞𝐫𝐞𝐦𝐢 l’ancrage. Chaque ville porte une présence sensible, une mémoire, une couleur, une émotion. Le territoire n’est pas un décor placé derrière le chant. Il est la matière même de l’œuvre.

Dans cette démarche, Haïti apparaît comme un pays que l’on écoute autant qu’on le regarde. Ses villes, ses paysages, ses blessures, ses élans et ses attachements forment des motifs musicaux. Le livre permet de saisir cette géographie intérieure avec une attention nouvelle. Il donne aux interprètes la possibilité de reprendre l’œuvre au clavier, de l’habiter par leur propre sensibilité et d’en prolonger la vie au-delà de l’enregistrement original.

« 𝐑𝐢𝐞𝐧 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐦𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐲𝐬 » peut se lire comme un recueil de textes chantés, comme un livre de musique ou comme un passage entre poésie, mémoire et interprétation. Il répond surtout à une volonté claire : transmettre Haïti par la beauté des mots, la précision de la partition et la puissance évocatrice du créole haïtien. À travers ces pages, Jean Venel Casséus offre aux musiciens une matière à jouer, aux lecteurs une matière à méditer, et au pays une forme nouvelle de présence.

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