Alors que des milliers de ressortissants haïtiens bénéficiant du statut de protection temporaire (TPS) ont accueilli avec soulagement la décision de la juge fédérale Ana Reyes, qui a suspendu provisoirement la mesure de l’administration Trump mettant fin à ce dispositif, le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a annoncé, ce mardi, son intention de contester cette décision. L’administration estime que l’interprétation et l’évolution du TPS relèvent de la seule prérogative de l’exécutif, et non d’une lecture judiciaire.
Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, la porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, a fustigé ce qu’elle qualifie d’« activisme judiciaire », indiquant que l’administration envisage de porter l’affaire devant la Cour suprême des États-Unis.
Selon le DHS, le TPS accordé aux ressortissants haïtiens à la suite du séisme dévastateur de 2010 n’a jamais eu vocation à constituer une amnistie permanente. L’agence soutient que les reconductions successives du programme, au fil des administrations, ont progressivement dénaturé son objectif initial. L’exécutif affirme ainsi vouloir rétablir le caractère strictement provisoire du dispositif.
Dans sa prise de position, la porte-parole du DHS insiste sur la portée juridique du terme « temporaire », estimant que la définition, l’application et l’évolution du TPS relèvent de l’autorité de l’exécutif, et non d’une interprétation judiciaire qu’elle juge excessivement extensive.
Cette controverse met une nouvelle fois en lumière les tensions persistantes entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire en matière de politique migratoire, un thème récurrent et hautement sensible du débat public américain.
la position du DHS traduit aussi le mepris de l’administration Trump par rapport a ce qui se passe en Haïti, où la situation sécuritaire ne cesse de se degrader. Un rapport publié recement par l’ONU fait etat d’une situation catastrophique du pays sur le plan humanitaire.
