Après vingt jours passés derrière les murs de la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy a retrouvé la liberté. La cour d’appel de Paris a ordonné sa remise en liberté ce lundi, tout en le plaçant sous un strict contrôle judiciaire. L’ancien président de la République, condamné le 25 septembre à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, avait été incarcéré le 21 octobre.
Lors de l’audience, à laquelle il a participé par visioconférence depuis sa cellule, la défense a plaidé que le maintien en détention n’avait plus lieu d’être, arguant de l’absence de tout risque de fuite ou de dissimulation de preuves. Les juges ont finalement accédé à la demande, mais ont imposé plusieurs restrictions : interdiction de quitter le territoire, de rencontrer certains témoins ou co-prévenus, et obligation de se présenter régulièrement devant les autorités.
L’affaire du financement libyen demeure l’un des dossiers judiciaires les plus explosifs de la Ve République. Les enquêteurs soupçonnent que la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 aurait été partiellement financée par le régime de Mouammar Kadhafi, en violation des lois françaises sur le financement politique. Les magistrats s’appuient sur des documents, des témoignages et des transferts bancaires suspects, tandis que l’ancien chef de l’État nie toute implication et dénonce un « acharnement politique et judiciaire ».
Cette remise en liberté ne suspend pas les poursuites visant Nicolas Sarkozy. Le procès en appel, prévu pour 2026, s’annonce déterminant pour l’avenir de l’ancien président. Plusieurs anciens ministres et proches collaborateurs demeurent mis en examen, tandis que sa défense continue de contester la solidité des preuves présentées par l’accusation.
