Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé a annoncé, dans un communiqué publié ce lundi, l’ouverture de consultations avec le Conseil électoral provisoire (CEP) et des partis politiques en vue de modifier le décret électoral. Une démarche qui intervient dans un climat politique particulièrement tendu, à l’approche des prochaines échéances devant conduire au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Mais cette initiative suscite déjà une vive contestation au sein de la classe politique. Plusieurs partis, dont le RNDNP, EDE et Pitit Dessalines, accusent l’exécutif de mener des consultations à géométrie variable en privilégiant essentiellement les formations représentées au sein des structures de la transition. Ils dénoncent un processus qu’ils jugent peu inclusif et contraire à l’esprit de consensus indispensable à la réussite de la transition politique.
Ces nouvelles tensions illustrent la détérioration progressive des relations entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et une importante partie de la classe politique. De nombreux acteurs reprochent au chef du gouvernement son manque d’ouverture au dialogue ainsi qu’une gouvernance jugée insuffisamment concertée. Pour plusieurs observateurs, cette fracture politique grandissante risque de fragiliser davantage un processus de transition déjà confronté à de nombreux défis.
La pression s’accentue également sur le plan international. Des partenaires d’Haïti, parmi lesquels la CARICOM, affichent une insatisfaction de plus en plus marquée face à la conduite de la transition par le gouvernement. L’absence de consensus politique, les retards enregistrés dans certaines réformes et les incertitudes entourant le calendrier électoral alimentent les préoccupations de la communauté internationale, qui appelle avec insistance à des avancées concrètes vers l’organisation des élections et le retour à la normalité institutionnelle.
