La sécurité demeure, une fois de plus, au cœur des priorités du gouvernement haïtien. Pour l’exercice 2026-2027, le budget national, évalué à 401,2 milliards de gourdes, prévoit notamment de renforcer les capacités de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces Armées d’Haïti (FAd’H), parallèlement aux investissements consacrés à l’éducation, au processus électoral et à la relance de l’économie.
Cette orientation s’inscrit dans une tendance qui se confirme depuis plusieurs années. Depuis près de quatre ans, les différents gouvernements qui se sont succédé ont fait de la sécurité un axe majeur de leurs politiques budgétaires, en consacrant des ressources croissantes au renforcement des forces de défense et de sécurité. Cette constance traduit la place centrale occupée par la crise sécuritaire dans les priorités de l’État, mais elle met également en évidence l’écart persistant entre les moyens mobilisés et les résultats obtenus.
Sur le terrain, le constat demeure en effet préoccupant. Malgré les ressources annoncées et les efforts engagés, l’environnement sécuritaire s’est considérablement dégradé au fil des années. L’expansion des groupes armés, les déplacements de milliers de familles et la multiplication des attaques dans plusieurs régions témoignent de l’ampleur du défi auquel l’État reste confronté.
C’est là que se situe tout le paradoxe : la sécurité est régulièrement présentée comme une priorité dans les différents budgets, mais cette priorité peine encore à se traduire par une amélioration tangible des conditions de vie et de sécurité de la population.
La véritable question dépasse donc le montant des crédits annoncés. Elle concerne surtout leur utilisation, leur efficacité et leur capacité à produire des résultats concrets sur le terrain.
Pour l’exercice 2026-2027, le principal défi sera ainsi de transformer les ressources mobilisées en capacités opérationnelles réelles, capables de renforcer la protection de la population, de restaurer progressivement l’autorité de l’État et de favoriser la reprise du contrôle des territoires affectés par l’insécurité.
