Il aura fallu le drame de Croix-des-Bouquets, marqué par la disparition de quatre techniciens de l’aviation militaire salvadorienne, membres du contingent engagé au sein de la Force de répression des gangs (FRG), pour que le nom de Nayib Bukele s’impose avec autant de force dans les conversations en Haïti. Depuis cet événement du 18 octobre 2026, le président salvadorien est devenu une référence incontournable dans les débats sur les solutions à la crise sécuritaire, voire une source d’espoir pour une partie de la population.
Cette popularité tient essentiellement à sa politique de lutte contre les gangs au Salvador, notamment à travers l’instauration d’un régime d’exception et une offensive sécuritaire de grande ampleur. Une stratégie qui, malgré les controverses qu’elle suscite, nourrit les attentes de nombreux Haïtiens confrontés depuis des années à la violence des groupes armés.
Sur les réseaux sociaux, les publications célébrant sa détermination et son leadership se multiplient. Les internautes haïtiens sont de plus en plus nombreux à s’abonner à ses pages Facebook et X, à suivre ses interventions et à relayer ses initiatives. Chansons, montages vidéo et séquences humoristiques témoignent également de cette fascination grandissante. Un engouement que peu de dirigeants politiques haïtiens ont réussi à susciter ces cinq dernières années.
Cette admiration dépasse le monde virtuel. Une chaîne de télévision salvadorienne a notamment diffusé des images de marchands distribuant gratuitement des bouteilles d’eau à un convoi de militaires en provenance du Salvador. Une scène symbolique qui traduit l’espoir placé dans ces renforts par une population épuisée par l’insécurité.
Derrière cette popularité se dessine une attente immense : voir les groupes armés reculer, retrouver la liberté de circuler, regagner les quartiers abandonnés et permettre aux membres de la diaspora de rentrer au pays sans crainte.
En Haïti, Bukele est peut-être devenu le nouveau chouchou de l’opinion, mais ce que les Haïtiens attendent véritablement de lui, ce n’est pas un héros providentiel : c’est la possibilité de vivre enfin en paix.
