Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, est arrivé ce dimanche en Haïti à la tête d’une délégation de haut niveau, dans un contexte marqué à la fois par l’intensification des opérations sécuritaires et par les incertitudes entourant la préparation des prochaines élections.
Cette visite intervient alors que les autorités haïtiennes ont récemment renforcé le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), notamment dans l’Artibonite et à Cité Soleil, deux zones particulièrement affectées par la violence armée.
À quelques mois de l’organisation annoncée des élections, la présence d’Albert Ramdin prend également une dimension politique particulière. L’OEA figure parmi les acteurs internationaux appelés à accompagner Haïti dans le processus électoral et dans les efforts de renforcement des institutions. Mais si le gouvernement maintient son engagement à organiser les scrutins, de nombreuses voix s’interrogent encore sur sa capacité réelle, voire sa volonté politique, à respecter cette promesse, compte tenu de la situation sécuritaire et des nombreuses difficultés institutionnelles auxquelles le pays demeure confronté.
Dans un message publié sur X à son arrivée, le secrétaire général de l’OEA a assuré que son organisation entend « se tenir aux côtés du peuple haïtien » et soutenir les efforts engagés en faveur de la stabilité, de la gouvernance démocratique et du renforcement des institutions.
Durant son séjour, la délégation de l’OEA rencontrera les autorités haïtiennes, ainsi que des représentants de la classe politique et de la société civile. Albert Ramdin s’entretiendra notamment avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé autour de la sécurité, des élections, du renforcement institutionnel et de la situation humanitaire.
Au-delà des déclarations de solidarité, cette visite intervient donc à un moment décisif pour les autorités haïtiennes. Entre la pression sécuritaire, les opérations de la FRG dans plusieurs zones sensibles et l’échéance électorale qui se rapproche, l’enjeu sera surtout de savoir si l’appui international pourra se traduire par des résultats concrets et si le gouvernement parviendra à démontrer qu’il dispose des moyens et de la volonté nécessaires pour tenir ses engagements.
