Haïti : fuir pour survivre, des milliers de vies bouleversées par la violence

Depuis le 13 avril 2026, la violence armée en Haïti a forcé plus de 13 000 personnes à abandonner leur quotidien, leurs maisons, parfois en quelques heures, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Derrière ces chiffres, ce sont des familles entières qui se retrouvent sur les routes, souvent sans savoir où trouver refuge.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, près de 4 994 habitants ont fui leurs quartiers, pris au piège d’affrontements violents, notamment entre Cité Soleil et Croix-des-Bouquets. Des parents emportent ce qu’ils peuvent, des enfants quittent leur école, et beaucoup laissent derrière eux tout ce qu’ils avaient construit.

Plus au Sud-Est, la peur a également gagné du terrain. À Kajak et Seguin, 5 656 personnes ont dû partir précipitamment, alors même que ces localités étaient encore récemment perçues comme des havres de sécurité. À ces déplacements s’ajoutent environ 2 581 autres personnes contraintes de fuir à la suite de nouveaux incidents armés, portant à des dizaines de milliers le nombre de déplacés dans l’Artibonite.

Cette spirale de violence vient aggraver une crise humanitaire déjà profonde. Aujourd’hui, plus de 1,45 million de personnes vivent déplacées à l’intérieur du pays, dont près de 290 000 dans la seule aire métropolitaine de Port-au-Prince.

Une réalité qui contraste avec les déclarations récentes du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui affirmait à la tribune de l’Organisation des Nations unies que des progrès significatifs avaient été enregistrés sur le plan sécuritaire en Haïti. Sur le terrain, pour des milliers de familles, la réalité reste celle d’une fuite quotidienne pour survivre.

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