Haïti Politique : Les membres du CPT peuvent-ils désigner leur successeur ?

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a lancé, le dimanche 18 janvier 2026, un dialogue politique national présenté comme une tentative de dégager un consensus sur la gouvernance à mettre en place après le 7 février 2026, date marquant la fin de son mandat. L’initiative vise officiellement à garantir la stabilité institutionnelle, à assurer la continuité du processus électoral et à contribuer au rétablissement de la sécurité dans un pays confronté à de profondes crises politiques et sociales.

Dans le cadre de ce dialogue, plusieurs regroupements politiques, dont #MORN et Consensus politique — rassemblant notamment #EDE, Pitit Dessalines, Ansanm Nou Fò, l’Accord historique du 14 août, #RENAPA et le Parti Haïtien pour Haïti — ont été reçus à la Villa d’Accueil. Le CPT, à travers un communiqué, a salué la qualité des échanges et la pertinence des propositions formulées.

Cependant, derrière ce cadre formel, une interrogation majeure s’impose : les membres du CPT ont-ils le droit, sur les plans moral et juridique, de désigner leur propre successeur ? Dépourvu de légitimité populaire, le pouvoir de transition repose en principe sur un accord politique limitant strictement son mandat à deux ans, avec pour mission essentielle de préparer le retour à l’ordre constitutionnel à travers l’organisation d’élections crédibles et un transfert démocratique du pouvoir. Toute tentative de désignation interne d’une nouvelle structure de gouvernance pourrait dès lors être perçue comme une prolongation déguisée de l’influence du CPT, au détriment du principe fondamental de la souveraineté populaire.

Selon le communiqué de la Présidence, les consultations doivent se poursuivre ce lundi 19 janvier 2026 avec les différentes structures engagées dans le dialogue. Reste à déterminer si ces débats permettront de définir clairement les limites du pouvoir du CPT ou s’ils serviront surtout à légitimer, a posteriori, des décisions déjà orientées.

Dans l’intervalle, l’opinion publique nationale comme la communauté internationale observent le processus avec une vigilance teintée de scepticisme. Le véritable enjeu de ce dialogue politique ne réside pas uniquement dans la qualité des propositions avancées, mais dans la capacité du CPT à respecter le caractère temporaire de son mandat, sans chercher à verrouiller un pouvoir qu’il est appelé à quitter dans les prochaines semaines. La question demeure entière : Haïti s’achemine-t-elle vers une transition démocratique crédible ou vers une extension voilée du pouvoir en place ?

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