Le compte à rebours est désormais enclenché. Le Conseil présidentiel de transition (CPT) quittera le pouvoir le 7 février 2026, conformément à l’accord politique du 3 avril 2024. Cette assurance a été une nouvelle fois donnée par le Conseiller-Président Leslie Voltaire, lundi, lors de la cérémonie de passation de pouvoir de la Chambre de commerce du Grand Sud à la coordination de la Grand’Anse.
Loin de dissiper les doutes, cette confirmation ravive au contraire les craintes d’un nouveau vide institutionnel, dans un pays déjà éprouvé par une instabilité chronique. Pour tenter de rassurer, Leslie Voltaire évoque l’élaboration d’une « formule politique » en voie de finalisation, susceptible de rallier près de 60 % de la classe politique haïtienne, sans heurter la communauté internationale. Une promesse de consensus qui, à ce stade, demeure davantage déclarative que concrète.
Cette annonce intervient dans un contexte politique explosif. Haïti s’enlise dans une transition à répétition, marquée par l’effondrement des institutions, l’insécurité généralisée, l’emprise des groupes armés et une profonde crise de confiance entre gouvernants et gouvernés. Les accords se multiplient, les échéances se succèdent, mais les résultats tangibles tardent à se matérialiser. Dans ce climat de lassitude nationale, la perspective du départ du CPT, sans feuille de route claire ni consensus solide, alimente la crainte d’un nouveau cycle d’improvisation politique, sous le regard complaisant de la communauté internationale.
