Wilfort Ferdinand, militant de la rue et symbole de révolte, inhumé dans une Gonaïves en colère

C’est dans un climat mêlant tristesse et forte tension que se sont déroulées, ce jeudi 2 octobre, les obsèques de Wilfort Ferdinand, plus connu sous le nom de Ti Will, militant politique emblématique dans le département de l’Artibonite.

La ville des Gonaïves, haut lieu des luttes populaires haïtiennes, a accueilli un cortège funèbre d’un genre particulier : escorté par des individus lourdement armés, le défilé a pris des allures de démonstration de force. Cette présence ostensible d’hommes en armes, loin d’être fortuite, traduit une hostilité persistante envers les autorités et souligne un environnement sécuritaire toujours fragile.

Militant de première ligne depuis plus de vingt ans, Ti Will avait marqué les esprits lors des événements de 2004, jouant un rôle de premier plan dans le mouvement insurrectionnel ayant conduit à la chute du président Jean-Bertrand Aristide. Engagé aux côtés de leaders locaux, il s’était imposé comme une figure clé de la contestation, admirée par ses partisans et redoutée par ses opposants.

Ces dernières années, il s’était fait entendre comme une voix critique majeure, dénonçant avec véhémence la corruption, les inégalités sociales et l’impunité ambiante. Sa mort, survenue dans des circonstances encore floues, a ravivé les frustrations de ses sympathisants, pour qui cet assassinat s’apparente à un acte de persécution politique.

Présent aux obsèques, l’activiste Jerry Bien-Aimé, proche collaborateur du défunt, a déclaré que la mobilisation populaire reprendrait dès le lundi 6 octobre, en mémoire de Ti Will et pour faire entendre les revendications du peuple.

« Le sang de notre camarade exige justice. Tant que la vérité ne sera pas faite, notre lutte continuera », a-t-il affirmé devant une foule visiblement prête à poursuivre le combat.

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