Venezuela : démantèlement d’une cellule accusée d’être liée à la CIA

Le gouvernement vénézuélien a annoncé, le 27 octobre, avoir démantelé une cellule criminelle présumée liée à la CIA, accusée de planifier une opération de sabotage contre le destroyer américain USS Gravely, stationné à Trinité-et-Tobago. Selon les autorités de Caracas, cette action visait à incriminer artificiellement le Venezuela et à créer un prétexte pour une escalade militaire dans la région. Au moins quatre individus auraient été arrêtés, et une enquête est en cours pour déterminer l’étendue du réseau.

Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre d’espionnage et de provocation directe » orchestrée par Washington. Caracas affirme que la présence accrue de navires de guerre américains dans les Caraïbes, ainsi que les vols récents de bombardiers stratégiques B-1B à proximité de ses eaux territoriales, constituent des actes hostiles susceptibles de déclencher un conflit régional.

Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de confrontation prolongée entre les États-Unis et le Venezuela, marqué par les sanctions économiques, les accusations de narcotrafic visant de hauts responsables vénézuéliens et les tentatives d’isolement diplomatique du gouvernement de Nicolás Maduro.

Depuis septembre, les États-Unis, sous l’administration Trump, mènent en effet des opérations militaires renforcées dans les Caraïbes dans le cadre d’une campagne officiellement destinée à lutter contre le trafic de drogue. Ces opérations impliquent à la fois des frappes aériennes ciblées et le déploiement de bâtiments de guerre, dont la légalité est contestée par plusieurs pays de la région. De nombreux observateurs estiment que ces activités dépassent le cadre du narcotrafic et participent d’une stratégie de pression politique contre Caracas.

En réaction, le président Nicolás Maduro a annoncé la suspension immédiate des accords gaziers entre le Venezuela et Trinité-et-Tobago, accusant ce pays voisin de collusion avec Washington. Cette décision met en péril plusieurs projets énergétiques conjoints, notamment l’exploitation du champ gazier offshore Dragón, essentiel à l’économie des deux nations.

De son côté, la Première ministre de Trinité-et-Tobago, Keith Rowley, a fermement rejeté les accusations vénézuéliennes, affirmant que son gouvernement n’agit sous la pression d’aucune puissance étrangère.

Alors que la tension monte dans les Caraïbes, les diplomaties sud-américaines appellent à la retenue et au dialogue, redoutant que ces frictions militaires ne débouchent sur un affrontement ouvert dans une zone déjà minée par les crises économiques et migratoires.

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