Transition sous tension : le CPT face à l’épreuve de l’autorité à l’approche de la fin de son mandat
Alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, assistait à la cérémonie marquant la 35ᵉ promotion de la Police nationale d’Haïti (PNH) aux côtés du coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, une décision déterminante se préparait loin des projecteurs. En coulisses, Lesly Voltaire et Edgar Leblanc Fils s’employaient à redéfinir les équilibres du pouvoir exécutif, avec pour objectif de retirer à Fils-Aimé la conduite du gouvernement.
Cette inflexion politique a été officialisée lors d’une conférence de presse tenue le 23 janvier 2026. Les deux conseillers y ont annoncé leur décision de confier, à titre intérimaire et pour une durée maximale de 30 jours, la direction du gouvernement à un ministre, une mesure adoptée à la majorité qualifiée. Présentée comme une démarche fédératrice, cette option vise à désamorcer l’impasse politique liée à l’échéance sensible du 7 février et à relancer une dynamique de concertation entre les principaux acteurs nationaux.
Ce bras de fer institutionnel se déroule sous le regard attentif de la communauté internationale. L’Union européenne, le Canada et les États-Unis appellent à la continuité de l’action gouvernementale et à la préservation de la stabilité dans un contexte sécuritaire profondément dégradé. Washington, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, a réaffirmé son soutien aux efforts de stabilisation d’Haïti, tout en rappelant au CPT l’obligation de respecter le calendrier de la transition.
Dans une note publiée tard dans la soirée de la veille, les États-Unis ont par ailleurs mis en garde contre toute instrumentalisation du processus politique et réaffirmé leur disposition à prendre des mesures ciblées à l’encontre des acteurs qui, par des pratiques de corruption ou des liens avec des groupes armés, compromettraient la transition et la sécurité du pays.
