Port-au-Prince — Opération policière : le chef de la PNH jubile, les chefs de gang toujours en liberté

Comme le dit l’adage, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Cette mise en garde prend tout son sens à la lumière de l’attitude du directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison, au lendemain de récentes opérations menées dans plusieurs quartiers réputés être des bastions de gangs armés.

S’appuyant sur ce qu’il présente comme des avancées significatives, le chef de la PNH a profité d’une rencontre avec la presse, ce mardi, pour adopter un ton résolument offensif. Il a lancé un ultimatum sans équivoque aux groupes armés, les exhortant à déposer les armes et à se rendre aux autorités, tout en affirmant que le temps de la complaisance serait désormais révolu.

Cependant, en dépit de ces opérations largement médiatisées, aucune arrestation de chef de gang n’a, à ce stade, été enregistrée. Ce décalage entre le discours et les faits contraste avec la confiance affichée par Vladimir Paraison, qui continue de mettre en avant les moyens, les stratégies et les capacités opérationnelles de l’institution policière. Selon lui, la PNH disposerait désormais des ressources nécessaires pour mettre un terme au règne des gangs armés, aussi bien dans la région métropolitaine de Port-au-Prince que dans le reste du pays.

La question du déblocage des principaux axes routiers, paralysés par une insécurité persistante, s’inscrit dans la même dynamique. Là encore, le directeur général de la PNH se veut rassurant, affirmant que des mesures concrètes sont en cours de déploiement. Il en profite toutefois pour adresser une mise en garde aux forces dites parallèles qui, selon ses déclarations, exploiteraient la présence des gangs pour servir des intérêts obscurs et maintenir un climat de désordre.

Au-delà de la communication et des déclarations d’intention, l’opération policière en cours constitue désormais un test décisif pour la crédibilité de la PNH. Tant que ces actions ne se traduiront pas par des arrestations majeures et le démantèlement effectif des structures dirigeantes des gangs, le doute continuera de s’installer dans l’opinion publique, éprouvée par des années de promesses sans résultats durables.

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