Paul Biya réélu pour un huitième mandat au Cameroun
Avec 53,66 % des voix, Paul Biya a été désigné vainqueur de la dernière élection présidentielle au Cameroun, selon les chiffres provisoires publiés par la Commission nationale de recensement des votes. Ces résultats devront encore être validés par le Conseil constitutionnel pour devenir définitifs.
Cette victoire ouvre la voie à un huitième mandat consécutif pour le chef de l’État, aujourd’hui âgé de 91 ans. Aux commandes du pays depuis le 6 novembre 1982, M. Biya détient l’un des records de longévité au pouvoir, aussi bien sur le continent africain qu’à l’échelle mondiale. Ce nouveau mandat, qui s’étendra sur sept ans, prolonge une ère politique entamée il y a plus de quarante ans, dans un contexte marqué par des tensions politiques, sécuritaires et sociales persistantes.
Bien que les institutions semblent fonctionner dans un cadre formel, le système politique camerounais demeure largement verrouillé. L’opposition continue de dénoncer un processus électoral opaque, des atteintes aux libertés fondamentales, et une utilisation des institutions étatiques pour assurer le maintien du pouvoir en place. Plusieurs candidats battus lors du scrutin ont déjà remis en question la crédibilité de l’élection, pointant du doigt des irrégularités et un climat de pression généralisée.
La situation reste particulièrement instable dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en conflit avec le pouvoir central depuis 2016 dans le cadre d’une insurrection séparatiste. L’insécurité y a entravé le bon déroulement du vote et continue d’entraver toute tentative de dialogue national. Par ailleurs, la menace de Boko Haram dans l’extrême-nord du pays, conjuguée à une crise humanitaire croissante, complique davantage la situation sécuritaire.
Sur la scène internationale, les réactions à cette nouvelle réélection sont pour l’instant restées mesurées. Si certains acteurs appellent au respect de la stabilité institutionnelle, plusieurs organisations internationales, notamment de défense des droits humains, expriment leur inquiétude face à un pouvoir de plus en plus centralisé et à l’absence de réelle alternance démocratique.
