L’ONU appelle les dirigeants haïtiens à éviter un vide politique
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a exhorté, le mercredi 22 octobre 2025, les autorités haïtiennes à dépasser leurs divisions et à éviter un vide politique à l’approche de la fin de la transition prévue pour le 7 février 2026.
Quatre ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, Haïti reste sans dirigeant élu. Les Nations Unies pressent le Conseil présidentiel de transition (CPT) d’organiser sans délai des élections afin d’assurer la continuité institutionnelle et le retour à un ordre constitutionnel stable.
À Port-au-Prince, plusieurs options sont actuellement à l’étude : le remplacement du CPT par un juge de la plus haute cour, la réduction du nombre de ses membres ou encore la prolongation d’un an de son mandat, pour permettre la tenue d’un scrutin avant octobre 2026.
Le secrétaire général António Guterres, appuyé par plusieurs diplomates, a insisté sur l’urgence d’un consensus national et l’adoption d’un cadre légal garantissant des élections libres et crédibles. Le Conseil a également validé la prolongation des sanctions internationales et le renouvellement du mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
Dans ce contexte, le président du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Desrosiers, a affirmé que l’institution « se tient prête à lancer le processus électoral dès que les conditions sécuritaires et politiques seront réunies ». Il a précisé que les travaux techniques préliminaires, notamment la mise à jour du registre électoral et la planification logistique, sont déjà engagés.
Pour sa part, le conseiller-président Fritnel Jean a insisté sur la nécessité d’un soutien ferme du gouvernement et du CPT afin d’assurer la transparence et la crédibilité du scrutin, rappelant que « l’élection d’autorités légitimes demeure le seul moyen d’éviter un nouveau vide institutionnel ».
Cet appel de l’ONU intervient alors que la transition haïtienne entre dans sa phase la plus critique. À l’approche du 7 février 2026, la classe politique peine toujours à s’entendre, tandis qu’une population épuisée par l’insécurité et la crise économique attend des gestes concrets pour renouer avec la stabilité et la démocratie.
