L’éternel recyclage de l’échec politique en Haïti

À moins de deux mois de l’expiration du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), les signataires de l’Accord de Montana refont surface avec une nouvelle proposition de transition politique. La démarche interpelle, d’autant qu’elle émane d’acteurs ayant joué un rôle central dans la mise en place du CPT, une formule de transition dont les limites et les insuffisances sont désormais largement reconnues.

Le CPT n’est pas le fruit du hasard. Il résulte de compromis politiques fragiles et de choix assumés par ses promoteurs, qui en portent aujourd’hui une part importante de responsabilité. L’aggravation de l’insécurité, l’affaiblissement de l’autorité de l’État et l’érosion de la confiance envers les institutions se sont développés sous ce cadre de transition qu’ils ont soutenu.

Si le bilan critique dressé par les signataires sur les vingt derniers mois trouve un large écho, il n’en soulève pas moins une question essentielle : comment ceux qui ont contribué à concevoir et à légitimer ce système peuvent-ils désormais se présenter comme une alternative crédible ?

Les divisions internes persistantes au sein de l’Accord de Montana, combinées à une tendance à concentrer le débat politique autour d’un cercle restreint d’acteurs, interrogent sa capacité à conduire une transition réellement inclusive et efficace. Plus que d’un nouveau schéma institutionnel, Haïti a surtout besoin d’une rupture avec la logique du recyclage politique et de l’échec sans véritable responsabilité.

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