Le CEP se réorganise sur fond de chaos institutionnel

Alors qu’Haïti traverse l’une des crises les plus graves de son histoire contemporaine (entre paralysie institutionnelle, violence généralisée et pression internationale croissante), le Conseil électoral provisoire (CEP) tente de se réinventer. Dans un geste qui s’inscrit dans la volonté affichée du pouvoir de relancer le processus électoral, Jacques Desrosiers, journaliste et représentant du secteur de la presse, a été porté à la tête de l’institution.

À ses côtés, une nouvelle équipe dirigeante a été constituée : Me Jaccéus Joseph, représentant du secteur paysan, devient vice-président ; Nemrod Sanon, issu du secteur syndical, est nommé trésorier ; tandis que Peterson Pierre-Louis, représentant du secteur protestant, occupe désormais le poste de secrétaire.

Cette recomposition acte la mise à l’écart de Patrick Saint-Hilaire, président sortant, et de Schnaida Adely, jusque-là vice-présidente. Un changement qui ne passe pas inaperçu, et qui soulève des interrogations tant sur les équilibres internes à l’institution que sur les véritables intentions du pouvoir exécutif.

Dans un pays confronté à l’effondrement de ses institutions, à l’occupation de larges zones urbaines par des groupes armés, et à une défiance généralisée envers l’État, cette restructuration du CEP suffira-t-elle à crédibiliser un processus électoral attendu depuis des années ? L’enjeu dépasse la seule redistribution des postes : c’est la possibilité même d’un retour à l’ordre constitutionnel qui se joue ici.

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