Kenscoff sous le feu: l’anarchie de l’État au service de l’expansion des gangs
À force de s’enliser dans des luttes de pouvoir interminables, les autorités étatiques deviennent, malgré elles, les idiots utiles des groupes criminels, qui n’ont pas tardé à exploiter ce climat d’anarchie pour étendre leur emprise sur plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
C’est dans ce contexte que la coalition de gangs « Viv Ansanm » a mené, dans la nuit du 29 au 30 janvier 2026, une série d’attaques d’une extrême violence contre la commune de Kenscoff. Ces assauts ont fait au moins dix morts et plusieurs blessés, selon des informations confirmées par l’agent intérimaire de la commune, Massillon Jean.
Les attaques ont été suivies de scènes de pillage et de destruction dans plusieurs quartiers. De nombreuses habitations ont été vandalisées ou incendiées, plongeant les habitants dans la panique. D’après le premier citoyen de la commune, les malfrats se sont particulièrement acharnés sur les localités de Ka Jak et de Nouvelle-Touraine, parmi les plus durement touchées.
Depuis quelque temps, Kenscoff est devenue une cible stratégique pour les gangs armés. Perchée sur les hauteurs dominant Port-au-Prince, la commune constitue un axe clé reliant la capitale à plusieurs départements, notamment l’Ouest et le Sud-Est. Son contrôle offrirait aux groupes armés des voies d’approvisionnement et de repli, tout en leur permettant d’exercer une pression directe sur la capitale. Cette réalité explique l’intensification récente des offensives contre une commune longtemps relativement épargnée par la violence des gangs.
Face à cette situation alarmante, Massillon Jean lance un appel pressant aux plus hautes autorités de l’État, les exhortant à prendre des mesures urgentes et adaptées afin d’endiguer durablement l’escalade de la violence et de protéger la population de Kenscoff, désormais en première ligne de l’expansion des groupes armés.
