Haïti : Une rentrée judiciaire sous le signe des réformes et de la responsabilité
La cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire 2025–2026 s’est tenue ce lundi à la Cour de cassation, située au Champs-de-Mars. À cette occasion, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui assure également l’intérim au ministère de la Justice, a renouvelé l’engagement de son gouvernement en faveur d’un système judiciaire plus solide, équitable et accessible à tous.
Devant les plus hautes autorités judiciaires, politiques et diplomatiques, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, également ministre de la Justice par intérim, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à bâtir une justice plus accessible et crédible.
Il a mis en avant plusieurs avancées : création de pôles judiciaires spécialisés, ouverture de tribunaux à Ouanaminthe et Limbé, nomination de parquetiers, modernisation de l’état civil, et surtout, l’annonce de trois nouveaux centres pénitentiaires pour désengorger les prisons.
Mais au-delà des chantiers, le chef du gouvernement a insisté sur une responsabilité collective : celle des magistrats, des avocats et de tous les acteurs du système judiciaire.
« La justice est un pilier de la paix et du renouveau démocratique », a-t-il martelé, appelant à un sursaut éthique au sein de l’institution.
Cependant, malgré ces annonces ambitieuses, la réalité du terrain reste profondément préoccupante. Le système judiciaire haïtien évolue dans un contexte profondément dégradé, miné par l’insécurité généralisée qui règne dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. De nombreux tribunaux, paralysés par la menace constante des groupes armés, ont dû réduire ou suspendre leurs activités.
Dans ce contexte, les conditions de travail des acteurs judiciaires se détériorent davantage. Magistrats, greffiers et auxiliaires de justice exercent souvent sous pression, parfois dans la peur. Cette situation affaiblit encore davantage une institution déjà confrontée à de lourds défis structurels, rendant plus urgente que jamais la mise en œuvre de réformes concrètes et la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
