Haïti : l’ONU alerte sur une crise carcérale mortelle et un État de droit en ruine

This screen grab taken from AFPTV shows a person waving his hand from a cell inside the main prison of Port-au-Prince, Haiti, on March 3, 2024, after a breakout by several thousand inmates. At least a dozen people died as gang members attacked the main prison in Haiti's capital, triggering a breakout by several thousand inmates, an AFP reporter and an NGO said on March 3. "We counted many prisoners' bodies," said Pierre Esperance of the National Network for Defense of Human Rights, adding that only around 100 of the National Penitentiary's estimated 3,800 inmates were still inside the facility after the gang assault overnight on March 2. (Photo by Luckenson JEAN / AFPTV / AFP) (Photo by LUCKENSON JEAN/AFPTV/AFP via Getty Images)

Entre juillet et septembre 2024, plus de cinquante détenus ont perdu la vie dans les prisons haïtiennes, révèle un rapport accablant de l’ONU. Ces décès seraient la conséquence directe de conditions de détention inhumaines : surpopulation extrême, manque d’eau, de nourriture et de soins médicaux.

La situation judiciaire est tout aussi alarmante. Près de 82 % des prisonniers n’ont jamais été jugés, certains croupissant derrière les barreaux depuis des années. Le rapport dénonce également la détention d’enfants aux côtés d’adultes et la corruption systémique qui détourne les budgets destinés à l’alimentation des détenus.

Pour l’ONU, cette crise traduit l’effondrement du système judiciaire haïtien et l’érosion complète de l’État de droit. Dans un climat d’insécurité dominé par les gangs, les prisons sont devenues des symboles du chaos national. L’organisation rappelle qu’en mars 2024, plus de 4 600 prisonniers s’étaient évadés lors d’attaques coordonnées de groupes armés, illustrant l’ampleur du désordre.

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