Haïti : l’arrivée de nouveaux soldats kényans n’éveille plus d’espoir
L’arrivée ce lundi d’un nouveau contingent kényan à l’aéroport international Toussaint-Louverture, à bord d’un vol Kenya Airways transportant près de 200 soldats, n’a suscité ni enthousiasme ni attentes particulières parmi la population haïtienne. Après l’échec de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), perçue comme une force largement pilotée par Nairobi, beaucoup d’Haïtiens ne se font plus d’illusions. Pour eux, ces déploiements successifs ne sont qu’une répétition du même scénario : des promesses de stabilisation, mais aucune amélioration tangible sur le terrain.
Ce contingent vient renforcer la Force de Répression des Gangs (FRG), née de la résolution 2793 du 30 septembre 2025. Présentée comme une version « améliorée » de la MMAS — plus autonome, mieux équipée et dotée d’un mandat élargi — la FRG devait marquer un tournant. Pourtant, aux yeux des Haïtiens, il ne s’agit que d’une structure rebaptisée, devenue une simple force de répression dépourvue de stratégie durable et déjà incapable, comme sa prédécesseure, de contenir l’emprise des groupes armés.
Les autorités kényanes assurent que l’arrivée de ces troupes s’inscrit dans l’engagement renouvelé du président William Ruto lors de la 80e Assemblée générale de l’ONU. Mais ces déclarations officielles peinent à convaincre une population profondément lassée. Après avoir vu défiler mission après mission sans le moindre recul de la violence, les Haïtiens n’attendent plus grand-chose de ces interventions étrangères.
Dans le même temps, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s’est rendu à New York pour poursuivre les discussions autour de la FRG. Un déplacement qui, là encore, laisse la population indifférente. Après deux années d’efforts sans résultats et une situation sécuritaire toujours hors de contrôle, beaucoup estiment que l’arrivée de nouveaux soldats kényans ne changera rien à la dure réalité d’un pays désormais livré à lui-même.
