Les Forces Armées d’Haïti ont décidé de passer à la Condition D, le niveau d’alerte le plus élevé, à compter du 6 avril sur tout le territoire national. Cette décision, officialisée par un mémorandum du Grand Quartier Général, intervient au lendemain de l’arrivée du premier contingent de forces chargées de la répression des gangs, dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.
Présentée comme une mesure préalable à des « opérations militaires imminentes », cette montée en alerte traduit une volonté de coordination et de renforcement des capacités face à la dégradation continue de la situation. Elle prévoit notamment le rappel immédiat de l’ensemble des militaires, la suspension des congés et permissions, ainsi qu’un durcissement des contrôles au sein des installations militaires.
La Condition D correspond à une mobilisation totale des forces. Elle implique une disponibilité permanente des effectifs, une vigilance accrue et une capacité d’intervention rapide. Les militaires doivent s’assurer du bon fonctionnement de leurs équipements, tandis que les unités sont appelées à se préparer à une autonomie logistique pouvant atteindre trente jours, signe d’une possible inscription des opérations dans la durée.
Cette décision intervient alors que le pays fait face à une expansion des groupes armés et à un affaiblissement de l’autorité de l’État dans plusieurs zones. Dans ce contexte, l’arrivée de forces spécialisées dans la lutte contre les gangs, combinée à la montée en alerte de l’armée nationale, laisse entrevoir une stratégie plus structurée de reprise en main sécuritaire.
Les autorités militaires insistent également sur le respect strict de la discipline, annonçant une politique de tolérance zéro à l’égard de tout manquement. L’objectif affiché est clair : garantir la cohésion, l’efficacité et la crédibilité des opérations à venir.
Ce passage à l’alerte maximale marque un tournant dans la réponse à la crise sécuritaire, traduisant une volonté d’action coordonnée. Son efficacité dépendra toutefois de résultats concrets sur le terrain, au-delà des annonces.
