Haïti au bord du gouffre économique, selon Frantz Vilsenat
Dans un message publié sur son compte X, l’économiste Frantz Vilsenat dresse un constat alarmant de la situation économique du pays. À ses yeux, l’économie haïtienne traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente. Elle se maintient avec difficulté, portée par trois piliers à la fois essentiels, fragiles et profondément déséquilibrés.
Le premier pilier repose sur les transferts de la diaspora, qui représentent plus de 20 % du PIB. Ces envois de fonds constituent une véritable bouée de sauvetage pour des millions de familles. Sans cette manne extérieure, la consommation intérieure chuterait brutalement. Toutefois, souligne l’économiste, cette dépendance révèle une faiblesse structurelle : ces ressources répondent aux besoins immédiats, mais ne génèrent pas une dynamique productive capable de transformer durablement l’économie nationale.
Le deuxième pilier est la forte dépendance aux importations. Plus de 70 % des biens consommés dans le pays proviennent de l’étranger. Selon Frantz Vilsenat, cette situation fragilise la production locale, freine l’investissement national et creuse davantage le déficit commercial, limitant ainsi toute perspective d’autonomie économique.
Enfin, le troisième pilier est celui du secteur informel, devenu prédominant. Symbole du « débrouillardisme » haïtien, il permet à une grande partie de la population de subsister dans un contexte économique particulièrement difficile. Cependant, cette informalité généralisée représente un manque à gagner considérable pour l’État, réduit les recettes fiscales et complique la mise en œuvre de politiques de développement cohérentes et durables.
En somme, ces trois piliers maintiennent l’économie dans un équilibre précaire, sans réelle perspective de transformation. Pour rompre avec cette logique de survie, il sera indispensable de relancer la production nationale, de sécuriser l’investissement et d’intégrer progressivement l’informel dans un cadre formel et productif. À défaut, le pays risque de demeurer prisonnier d’un modèle fragile, incapable de générer une croissance inclusive et soutenue.
