Dans un mémorandum daté du 23 mars 2026, le Commandement des Forces Armées d’Haïti (FAD’H) somme les militaires en détachement de regagner leurs unités dans un délai de 72 heures. Cette décision s’inscrit dans le cadre des instructions du ministre de la Défense, appelant à une restructuration immédiate des dispositifs de sécurité.
Le document met en lumière une situation jugée préoccupante : un nombre important de soldats demeure affecté à la protection de personnalités civiles en dehors du cadre réglementaire. En conséquence, toutes les missions de protection rapprochée seront déclarées caduques à l’issue du délai imparti, obligeant les militaires concernés à cesser toute prestation.
Les commandants d’unités sont ainsi tenus d’assurer la réintégration complète des effectifs dans leurs casernements, sous peine de sanctions disciplinaires. Parallèlement, l’État-Major est chargé de superviser la récupération du matériel, tandis que les bénéficiaires de ces dispositifs sont invités à se tourner vers la Police nationale d’Haïti pour la prise en charge de leur sécurité.
Cette mesure intervient dans un climat de critiques persistantes quant à l’utilisation des forces armées. Depuis quelque temps, une dérive assimilée à une forme de « privatisation » de l’institution est pointée du doigt, alors même que le pays est confronté à l’intensification de la violence des gangs. Une part significative des effectifs reste mobilisée pour la sécurisation d’officiels et d’acteurs économiques, au détriment des missions essentielles de défense du territoire et de protection de la population.
