Des blindés contre l’insécurité : les limites d’une réponse essentiellement matérielle

Présenté en janvier 2026 devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le dernier rapport du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) met en lumière une réalité préoccupante : malgré les investissements consentis, les capacités opérationnelles de la Police nationale d’Haïti (PNH) demeurent fragiles. Sur les 174 véhicules blindés initialement disponibles, seuls 114 sont encore en état de marche ; les autres sont hors service, détruits ou passés aux mains des gangs.

Certes, de nouveaux blindés ont été acquis et d’autres sont attendus. Mais sur le terrain, ces engins lourds et coûteux se heurtent à des rues étroites, dégradées, souvent impraticables. Leur entretien complexe, combiné à leur vulnérabilité face aux attaques, en limite considérablement l’efficacité.

Entre septembre et novembre 2025, neuf policiers ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions. Un chiffre qui rappelle que la lutte contre l’insécurité ne peut être uniquement mécanique. Sans réforme institutionnelle, renforcement du renseignement et action sur les causes profondes de la violence, les blindés, aussi imposants soient-ils, ne suffiront pas à rétablir la sécurité.

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