Colère de Fritz Alphonse Jean: une indignation tardive qui relance le débat sur la souveraineté
Le Conseiller-Président Fritz Alphonse Jean a nié, ce mardi 25 novembre, tout lien avec les gangs après que les États-Unis lui ont imposé une restriction de visa. Bien que Washington n’ait pas identifié publiquement la personne visée, Jean a confirmé qu’il s’agissait de lui. Il a également dénoncé ce qu’il décrit comme des pressions américaines et canadiennes, une prise de position qui intervient précisément au moment où il est directement touché par les sanctions.
Cette réaction soulève des questions quant à son timing. Le Conseiller-Président invoque la défense de la souveraineté haïtienne et dénonce l’ingérence étrangère, tout en affirmant vouloir un changement de gouvernement pour mieux lutter contre les gangs et la corruption. Ses détracteurs y voient une posture davantage circonstancielle que véritablement principielle, tandis que lui assure agir dans l’intérêt du pays.
Depuis plusieurs mois, le conseil présidentiel transitoire, dont M. Jean est l’un des membres essentiels, fait face à de graves difficultés : absence d’élections, incapacité à freiner la progression des gangs et blocages institutionnels. Pour certains, cette prise de parole intervient surtout au moment où la situation personnelle de Jean est mise en cause.
Cette intervention révèle plus largement le fossé persistant entre la classe politique et la crise profonde qui secoue Haïti. Alors que la violence s’intensifie, que l’État se fragilise et que les échéances électorales sont continuellement repoussées, l’attention se détourne une fois encore des urgences nationales pour se concentrer sur les rivalités internes au sommet de l’État.
Elle rappelle également le poids considérable que continuent d’exercer les États-Unis dans la vie politique haïtienne. Sanctions, avertissements et réactions officielles de Washington influencent lourdement les décisions internes, au point de limiter parfois l’autonomie réelle des institutions nationales.
Dans ce contexte, de nombreux observateurs estiment qu’il appartient désormais aux dirigeants haïtiens de renforcer les institutions du pays et d’affirmer davantage leur capacité à agir sans dépendre des pressions extérieures, afin de restaurer une part de respect et de crédibilité sur la scène internationale.
