Après plusieurs jours de tractations, les négociations autour des prix des carburants ont finalement abouti. Suivant les recommandations du Conseil consultatif, les autorités haïtiennes ont fixé de nouveaux tarifs à la pompe : le diesel à 850 gourdes, le kérosène à 845 gourdes et la gazoline à 725 gourdes. Ces prix entrent en vigueur dès ce soir et seront officiellement appliqués à partir du 2 avril 2026. Les spéculateurs, qui avaient fermé leurs stations dans l’attente d’une hausse, sont désormais fixés.
Mais derrière cette apparente stabilisation du marché se profile une réalité bien plus préoccupante pour la population. Dans un pays déjà plongé dans une crise économique aiguë, aggravée par une insécurité persistante, cette décision risque d’alourdir considérablement le fardeau des ménages. Des milliers de familles, chassées de leurs maisons par la violence, survivent aujourd’hui dans des camps de fortune, souvent sans accès adéquat à l’eau, à l’électricité ou aux services de base.
La hausse des carburants ne se limite pas aux stations-service : elle se répercutera rapidement sur le coût du transport, des produits alimentaires et de l’ensemble des biens essentiels. Pour une grande partie de la population, dont les revenus sont déjà insuffisants, cela signifie des choix encore plus difficiles entre se nourrir, se déplacer ou se soigner. Les travailleurs du secteur informel, les petits commerçants et les familles déplacées seront parmi les plus durement touchés.
En particulier, l’augmentation du prix du kérosène, indispensable pour l’éclairage et la cuisson dans de nombreux foyers précaires, risque d’aggraver des conditions de vie déjà extrêmement fragiles, notamment dans les camps où chaque ressource se fait rare.
Ainsi, si cette mesure permet de mettre fin à l’incertitude et aux pratiques spéculatives, elle pourrait, en l’absence d’accompagnement social concret, accentuer la vulnérabilité des ménages haïtiens et approfondir une crise humanitaire déjà alarmante.
