Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a procédé, le lundi 14 septembre 2026, au lancement officiel du Fonds pour les dividendes de la paix en Haïti (FDPH). Selon le gouvernement, ce mécanisme doit financer le désarmement, le démantèlement des groupes armés, la réinsertion ainsi que la réduction des violences communautaires.
Sur le papier, l’initiative paraît prometteuse. Mais pour une population épuisée par l’insécurité, une question demeure : combien de nouveaux mécanismes faudra-t-il encore créer avant que les Haïtiens puissent enfin retrouver une vie normale ?
Car le pays ne manque ni de dispositifs ni de forces. La PNH a renforcé ses effectifs, les FAd’H poursuivent leur montée en puissance, la Force de répression des gangs (FRG) est engagée sur le terrain et l’État bénéficie d’un important soutien international. Dès lors, qu’est-ce qui empêche encore l’État de reprendre durablement le contrôle des territoires occupés par les groupes armés ?
Le problème semble donc moins être celui des moyens que celui de la stratégie, de la volonté politique et de l’efficacité dans leur utilisation. Pendant que de nouveaux fonds et programmes sont annoncés, les gangs continuent de contrôler des territoires et de maintenir des milliers de familles dans la peur.
Dans ce contexte, le FDPH risque d’être perçu comme un nouvel exercice de communication politique plutôt que comme un véritable tournant sécuritaire, notamment à l’approche des échéances électorales. Multiplier les annonces permet de montrer que le pouvoir agit. Mais pour ceux qui vivent l’insécurité au quotidien, les discours ne suffisent plus.
