Drame à la Citadelle Laferrière: au moins 30 morts, la responsabilité de l’ISPAN en question

Une bousculade meurtrière a coûté la vie à au moins 30 personnes samedi à la Citadelle Laferrière, joyau du patrimoine haïtien classé par l’UNESCO, à l’occasion de festivités traditionnelles ayant attiré une affluence exceptionnelle. Ce qui devait être un moment de célébration s’est transformé en tragédie, révélant de graves défaillances dans l’organisation et la gestion du site.

Le mouvement de panique aurait été déclenché par une altercation à l’unique point d’accès, rapidement saturé. Pris au piège entre des flux de visiteurs mal régulés, certains cherchant à entrer, d’autres à sortir, des dizaines de personnes ont été écrasées. Une situation chaotique qui met en lumière l’absence manifeste de dispositifs de contrôle et de sécurité adaptés à un événement d’une telle ampleur.

Le Premier ministre a exprimé sa « profonde consternation », tandis que les secours, ralentis par l’isolement et l’altitude du site, continuaient de prendre en charge les blessés et de rechercher d’éventuels disparus. De son côté, le ministre de la Culture, Emmanuel Ménard, a ordonné la fermeture immédiate du site et l’ouverture d’une enquête.

Mais au-delà de l’émotion, la question des responsabilités s’impose avec acuité. Le directeur de l’ (ISPAN), en charge de la gestion et de la préservation des sites historiques du pays, est aujourd’hui vivement mis en cause. Comment un site aussi symbolique, à l’accès notoirement difficile, a-t-il pu accueillir une foule aussi dense sans plan de circulation, sans limitation d’accès, ni encadrement suffisant ?

Cette tragédie met en évidence une inconscience préoccupante dans la gestion des sites patrimoniaux nationaux. L’ISPAN ne peut se contenter d’un rôle passif de conservation : il lui incombe également d’anticiper les risques, de réguler les flux et de garantir la sécurité du public. L’absence de mesures préventives adaptées constitue une faute grave qui engage directement la responsabilité de sa direction.

Dans ce contexte, l’appel à la démission du directeur de l’ISPAN ne relève pas d’un simple réflexe politique, mais d’une exigence de reddition de comptes. Face à une telle catastrophe, le maintien en fonction d’un responsable mis en cause fragiliserait davantage la crédibilité des institutions chargées de protéger le patrimoine et les citoyens.

Alors que le bilan pourrait encore s’alourdir, ce drame doit marquer un tournant : celui d’une prise de conscience urgente sur la gestion des sites historiques en Haïti, où la préservation ne peut être dissociée de la sécurité humaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *