Transition de 18 mois : le Grand Sud propose une issue institutionnelle à la crise

Réunie aux Cayes le 15 janvier 2026, la plateforme Voix Collégiale du Grand Sud et de la Région des Palmes (VoCoGraS-RP) a rendu publique une proposition de sortie de crise visant un retour à l’ordre constitutionnel à travers une transition unique de 18 mois.

S’appuyant sur l’article 149 de la Constitution haïtienne, la plateforme recommande la mise en place d’une transition dirigée par un Premier ministre et un Conseil des ministres, estimant que le Conseil présidentiel de transition (CPT) a démontré ses limites. Selon les signataires, la gouvernance à neuf membres a freiné la prise de décision et empêché toute avancée significative sur les priorités nationales : la sécurité, les réformes institutionnelles et l’organisation d’élections crédibles.

À l’approche du 7 février 2026, date de fin du mandat du CPT prévue par l’Accord du 3 avril 2024, la plateforme juge inévitable la caducité de cet organe. Dans l’intervalle, le gouvernement en place assurerait la gestion des affaires courantes, avant l’installation d’un gouvernement de consensus composé de technocrates, chargé de conduire le processus électoral à son terme.

Tirant les leçons des transitions précédentes, souvent marquées par l’improvisation et l’absence de reddition de comptes, VoCoGraS-RP insiste sur la nécessité d’une feuille de route claire, accompagnée d’un calendrier précis et de mécanismes de suivi. À cette fin, elle propose la création d’une instance indépendante de contrôle de la transition, composée de représentants crédibles de la société civile.

La sécurité figure au cœur de cette proposition, avec le vetting et la professionnalisation de la Police nationale d’Haïti, le renforcement des Forces armées d’Haïti, le refus de toute négociation avec les groupes armés, ainsi que des réformes judiciaires et institutionnelles jugées urgentes. L’objectif demeure l’organisation d’élections crédibles dans un climat minimal de stabilité et de confiance.

Se plaçant sous le signe de l’intérêt supérieur de la nation, la plateforme affirme que cette transition ne doit pas être une transition de plus, mais la dernière étape vers la restauration durable de la légitimité démocratique en Haïti.

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