À moins d’un mois de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), les forces de l’ordre haïtiennes semblent engagées dans une phase d’intensification des opérations contre les groupes armés. Alors que la transition politique entre dans sa dernière ligne droite, une nouvelle dynamique se dessine au sommet de l’État, marquée par une volonté affichée de reprendre le contrôle face à l’insécurité qui gangrène le pays.
Depuis plusieurs jours, la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAD’H), appuyées par la Task Force et des soutiens étrangers, ont lancé une série d’offensives ciblées dans certaines zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Ces opérations se sont multipliées dans des quartiers identifiés comme des bastions de gangs armés, traduisant un changement de rythme dans la réponse sécuritaire des autorités.
Selon une note publiée ce mercredi, la PNH a annoncé le déclenchement d’une opération de sécurité à Delmas 6, un quartier présenté comme le fief de Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », porte-parole du regroupement armé « Viv Ansanm ». Par ailleurs, l’utilisation de drones explosifs a notamment été signalée dans plusieurs secteurs, dont Bélair, la rue Saint-Martin et Bas-Delmas. L’objectif affiché de ces interventions est d’endiguer les activités des groupes armés, de sécuriser les zones concernées et de renforcer durablement la présence des forces de l’ordre dans ces secteurs stratégiques de la capitale.
Cette montée en puissance des opérations intervient dans un contexte politique sensible, à l’approche de l’échéance du CPT. Mis en place pour faire face à l’insécurité généralisée et créer les conditions de l’organisation d’élections, le pouvoir de transition évolue dans un environnement où les défis sécuritaires demeurent considérables, marqués par la présence durable et structurée des groupes armés dans plusieurs régions du pays.
