2026, l’année de tous les dangers pour Haïti

À un mois de la fin du mandat du Conseil présidentiel de Transition (CPT), Haïti s’enfonce dans un climat d’incertitude profonde et d’inquiétude généralisée. En l’absence d’une alternative politique crédible et clairement définie, le pays semble se rapprocher dangereusement d’un nouveau cycle d’instabilité, avec le risque réel d’une dérive vers l’anarchie institutionnelle.

Mis en place pour conduire le pays vers un retour à l’ordre constitutionnel, le CPT n’a pas su répondre aux attentes d’une population épuisée par des années de crises politiques, d’insécurité chronique et de dégradation continue des conditions de vie. Le manque de résultats concrets, notamment en matière de sécurité et de préparation des élections, fragilise davantage la transition et alimente un profond sentiment de désillusion collective.

Dans ce contexte tendu, plusieurs acteurs politiques cherchent à se repositionner. Des figures comme Moïse Jean Charles et Claude Joseph ont multiplié les propositions et les prises de parole publiques, se présentant comme porteurs de solutions pour sortir le pays de l’impasse. Pourtant, ces initiatives peinent à convaincre une opinion publique de plus en plus méfiante. Cette défiance s’explique en partie par le fait que leurs courants politiques sont déjà représentés au sein du CPT, une instance que de nombreux Haïtiens perçoivent comme inefficace et déconnectée des réalités du terrain.

Pour une large partie de la population, ces discours ne constituent pas une rupture, mais plutôt la continuité d’un système politique jugé responsable de la crise actuelle. Confrontés à la montée en puissance des gangs armés, à l’effondrement des services publics et à l’absence de perspectives économiques, les Haïtiens réclament des actions concrètes plutôt que des promesses répétées.

À l’approche du 7 février 2026, les risques se multiplient : prolongation contestée de la transition, vide institutionnel, aggravation de la violence et rupture totale de confiance entre gouvernants et gouvernés. Sans consensus politique fort, sans leadership légitime et sans calendrier clair de sortie de crise, Haïti pourrait entrer dans l’une des périodes les plus périlleuses de son histoire récente.

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