Amérique latine sous pression : Bogota et La Havane défient Washington

La tension monte en Amérique latine. Les récentes déclarations du président américain Donald Trump ont provoqué de vives réactions à Bogota et à La Havane, ravivant les craintes d’une nouvelle phase d’ingérence américaine dans une région déjà fragilisée par de profondes fractures politiques et idéologiques.

En Colombie, le président de gauche Gustavo Petro, ancien membre de la guérilla du M-19, a répondu avec une fermeté inhabituelle aux menaces émanant de Washington. Dans un message publié sur le réseau social X, il a déclaré : « J’avais juré de ne plus toucher à une arme depuis l’accord de paix de 1989, mais pour la patrie, je reprendrai les armes ». Une sortie au ton radical, lourde de sens dans un pays marqué par des décennies de conflit armé.

Cette réaction fait suite aux propos tenus par Donald Trump dimanche, à bord d’Air Force One. Le président américain a affirmé qu’une opération en Colombie similaire à celle menée récemment au Venezuela lui paraissait « une bonne idée ». Il a également accusé Gustavo Petro de favoriser le trafic de drogue vers les États-Unis, allant jusqu’à prévenir que le président colombien « ne le ferait plus très longtemps », une formule perçue à Bogota comme une menace directe.

Ces déclarations interviennent dans un contexte régional déjà explosif, 48 heures après les événements survenus au Venezuela, qualifiés par plusieurs gouvernements et mouvements de gauche de coup d’État contre le président Nicolás Maduro, suivi de son transfert vers les États-Unis. Washington évoque de son côté une opération liée à la lutte contre le narcotrafic, une version vigoureusement contestée par Caracas et ses alliés.

À La Havane, les autorités cubaines ont dénoncé une escalade verbale dangereuse, accusant les États-Unis de chercher à intimider et à déstabiliser les gouvernements progressistes de la région. Pour de nombreux observateurs, ces prises de position traduisent un durcissement du rapport de force entre Washington et plusieurs capitales latino-américaines, ravivant le souvenir d’une politique interventionniste que l’on croyait révolue.

Dans ce climat de crispation généralisée, la réaction de Gustavo Petro illustre la radicalisation du discours politique en Amérique latine, nourrie par la crainte d’un retour à des méthodes coercitives et par la volonté affichée de certains États de défendre leur souveraineté face aux pressions extérieures.

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