Entre juillet et septembre 2024, plus de cinquante détenus ont perdu la vie dans les prisons haïtiennes, révèle un rapport accablant de l’ONU. Ces décès seraient la conséquence directe de conditions de détention inhumaines : surpopulation extrême, manque d’eau, de nourriture et de soins médicaux.
La situation judiciaire est tout aussi alarmante. Près de 82 % des prisonniers n’ont jamais été jugés, certains croupissant derrière les barreaux depuis des années. Le rapport dénonce également la détention d’enfants aux côtés d’adultes et la corruption systémique qui détourne les budgets destinés à l’alimentation des détenus.
Pour l’ONU, cette crise traduit l’effondrement du système judiciaire haïtien et l’érosion complète de l’État de droit. Dans un climat d’insécurité dominé par les gangs, les prisons sont devenues des symboles du chaos national. L’organisation rappelle qu’en mars 2024, plus de 4 600 prisonniers s’étaient évadés lors d’attaques coordonnées de groupes armés, illustrant l’ampleur du désordre.
