Haïti : l’ambassadeur américain Henry T. Wooster met en garde les soutiens des gangs
Lors de la rubrique « Pause Café », diffusée sur les réseaux sociaux de l’ambassade américaine ce 23 octobre 2025, Henry T. Wooster, ambassadeur des États-Unis en Haïti, a lancé un message ferme à l’encontre des soutiens politiques et économiques des gangs armés. Le diplomate a réaffirmé que Washington ne tolérera plus l’impunité, précisant que des mesures concrètes sont désormais engagées contre ceux qui participent, directement ou indirectement, à la déstabilisation du pays.
M. Wooster a indiqué que ces sanctions ne visent pas seulement des acteurs actuellement en Haïti, mais également d’anciens dirigeants politiques vivant à l’étranger, ainsi que leurs proches résidant ou étudiant aux États-Unis. Selon lui, Haïti a besoin de dirigeants intègres, responsables et profondément engagés dans la reconstruction nationale, capables de répondre aux attentes de la population et de redonner espoir à un pays éprouvé.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs figures haïtiennes sont déjà visées par des sanctions ou des détentions orchestrées par les autorités américaines. Parmi elles figurent Réginald Boulos et Dimitri Vorbe, actuellement détenus aux États-Unis, ainsi que Dimitri Hérard, Antonio Cheramy, Arnel Bélizaire et le chef de gang Sanon Kempès, déjà frappés par diverses mesures punitives.
Évoquant la situation sécuritaire, l’ambassadeur a reconnu l’impatience croissante du peuple haïtien face au déploiement encore lent de la Force multinationale de soutien à la sécurité (FRG). Il a toutefois expliqué que la mobilisation d’une force de plus de 5 000 hommes nécessite du temps, assurant que les préparatifs avancent. La Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya, poursuit d’ailleurs ses opérations, notamment dans la région de l’Artibonite.
Cependant, ces prises de position ravivent les critiques sur l’ingérence américaine dans les affaires internes d’Haïti. De nombreux observateurs dénoncent une diplomatie de plus en plus interventionniste, où Washington semble vouloir imposer sa propre lecture de la crise haïtienne.
