Dossier de malversation à la DIE : Stéphane Vincent auditionné par le juge Voltaire, plaide non coupable
Mise en cause dans un rapport accablant de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), l’ancien directeur de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), Stéphane Vincent, a été auditionné ce mercredi par le juge d’instruction Walter Wesser Voltaire. Il est au cœur d’une enquête portant sur un vaste réseau présumé de fraude documentaire et de mauvaise gestion des ressources publiques.
Le rapport de l’ULCC, couvrant la période du 23 septembre au 25 novembre 2024, indique que 34 570 demandes de passeport ont été traitées par la DIE, alors même que la Direction Générale des Impôts (DGI) était paralysée par une grève.
Les enquêteurs ont analysé un échantillon de 736 dossiers. Parmi eux, 536 comportaient des timbres jugés falsifiés. Le rapport précise que ces dossiers ont été traités via un compte utilisateur créé le 10 octobre 2024 par Stéphane Vincent, au nom d’un certain Victor Fernando, à qui il aurait accordé un accès complet au système de personnalisation des passeports. Cette version des faits a été confirmée par le directeur de la technologie et de la communication de la DIE, entendu par les enquêteurs de l’ULCC.
Déjà interrogé en février 2024, M. Vincent avait rejeté les accusations portées par Oslin Lambert, présenté comme l’un des témoins clés de l’affaire. Toutefois, une correspondance officielle du ministère de l’Intérieur, datée du 7 mars 2025 et adressée au directeur général de l’ULCC, est venue appuyer les conclusions des enquêteurs, en confirmant que le compte avait bien été créé sur instruction de M. Vincent, qui en aurait confié l’usage exclusif à Victor Fernando.
Lors de son audition, l’ancien directeur a nié toute compromission de son compte, affirmant ne jamais avoir signalé de piratage. Pourtant, les enquêteurs révèlent qu’au moins dix autres comptes ont été générés à partir du sien.
Selon les estimations, le préjudice financier causé par les seuls 536 dossiers frauduleux s’élèverait à plus de trois millions de gourdes.
L’instruction suit son cours. Les éléments à venir seront décisifs pour établir, ou non, la responsabilité de Stéphane Vincent, qui, jusqu’à présent, continue de nier fermement toutes les accusations portées à son encontre.
