Haïti : l’ONU acte la fin de la MMAS et lance une nouvelle stratégie sécuritaire

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté ce mardi 30 septembre la résolution 2793, autorisant la transition de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) vers une Force de Lutte contre les Gangs, et annonçant la création d’un Bureau de Soutien des Nations Unies en Haïti. Cette décision, saluée par le gouvernement haïtien et les États-Unis, vise à relancer une réponse sécuritaire plus efficace face à l’emprise croissante des gangs.

Lancée en 2023, la MMAS, sous direction kenyane, s’était donnée pour mission d’appuyer les forces haïtiennes dans la restauration de l’ordre. Mais un an plus tard, le constat est sans appel : manque de coordination, ressources limitées, incompréhension du terrain. Non seulement la mission n’a pas endigué la violence, mais les groupes armés ont renforcé leur contrôle sur plusieurs zones stratégiques du pays.

C’est à la lumière de ce constat d’échec que les États-Unis, avec le soutien du Panama, ont officiellement plaidé pour une refonte complète de la mission. Dans une démarche conjointe devant le Conseil de sécurité, les deux pays ont mis en avant l’urgence de réorienter les efforts vers une structure plus ciblée, dotée d’un mandat clair axé sur le démantèlement des gangs, tout en appelant à une coordination accrue avec les institutions haïtiennes.

Ce nouvel échec soulève la nécessité d’un changement de paradigme. Depuis des décennies, les interventions en Haïti peinent à produire des résultats durables, car elles privilégient des solutions technocratiques et militaires au détriment d’un appui politique structurant. La nouvelle phase ne pourra réussir qu’en intégrant les Haïtiens au cœur du processus, en misant sur une reconstruction institutionnelle en profondeur.

La résolution 2793 ouvre une nouvelle phase, mais son succès ne dépendra ni de la force du mandat ni du nombre de casques bleus sur le terrain. Il dépendra d’un changement de posture de la communauté internationale : passer de l’ingérence déguisée à un véritable partenariat. Car Haïti n’a plus besoin de missions temporaires aux objectifs flous. Elle a besoin d’un engagement lucide, patient et cohérent, capable non pas de gérer la crise, mais d’aider à en sortir durablement.

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